Atelier à Yamoussoukro : l'ENA dresse le bilan de ses réformes et trace les perspectives de la formation des cadres de demain
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L’École nationale d’administration (ENA) a organisé, du 05 au 10 octobre 2026 à Yamoussoukro, un atelier de réflexion consacré à la révision des modalités de recrutement et de la formation commune de base. Cette rencontre, réunissant des responsables de l’École, des administrations partenaires et des personnes-ressources, s’inscrit dans la dynamique de modernisation de l’administration publique ivoirienne et dans le prolongement des réformes engagées depuis 2023.
À l’ouverture des travaux, le Directeur Général de l’ENA, M. Narcisse SEPY YESSOH, a indiqué que cette rencontre constitue une étape importante du processus de transformation de l’institution. Après trois années de réformes touchant au recrutement, à la formation et à la gouvernance de l’École, il s’agissait d’en évaluer les résultats et d’identifier les ajustements nécessaires face aux mutations que connaît l’administration publique.
Selon lui, la question centrale demeure celle de l’adéquation entre les profils recrutés et formés aujourd’hui et les exigences du service public de demain, marquées notamment par la transformation numérique, la gouvernance des données, l’ouverture à l’international et l’évolution des attentes des citoyens.
Représentant Madame le Ministre d’État, Ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration, Dr YÉBOUÉ Auguste, Directeur Général de la Transformation du Service public, a rappelé que la réussite de la modernisation administrative repose en grande partie sur la qualité des cadres appelés à conduire les réformes. Il a souligné le rôle stratégique de l’ENA dans la préparation des futurs responsables publics aux défis du numérique, de l’innovation et de la transformation des services publics.
Depuis 2023, l’ENA a engagé d’importantes réformes de son cadre juridique, de son système de recrutement et de son dispositif de formation. Les concours ont notamment été modernisés grâce à la déconcentration des épreuves, à la dématérialisation des inscriptions, à la réforme des épreuves écrites et orales, ainsi qu’au renforcement de la lutte contre la fraude. Ces innovations ont permis d’améliorer l’accessibilité, la transparence et la crédibilité des concours, tout en renforçant la confiance des populations.
Dans le domaine de la formation, l’ENA a révisé la formation commune de base (tronc commun), porté la durée de la scolarité à 24 mois, renforcé les enseignements pratiques et numériques, développé la formation au civisme et amélioré l’encadrement des stages. Selon les participants, ces mesures ont contribué à améliorer la discipline, les compétences opérationnelles et l’adaptation des élèves aux réalités de l’administration.
Les travaux ont également mis en lumière la nécessité de préparer l’ENA aux défis futurs liés au numérique, à la gouvernance des données, à l’innovation et à l’ouverture internationale. Dans cette perspective, les participants ont préconisé l’introduction d’épreuves de culture numérique, d’économie, de connaissance de l’administration publique et d’anglais, ainsi que la suppression de la note de synthèse. Ils ont également proposé une spécialisation plus précoce du recrutement à travers des concours distincts selon les écoles de formation.
À travers ces réflexions, l’ambition affichée est de faire de l’ENA un véritable pôle d’excellence capable de former des leaders publics agiles, responsables et dotés d’une solide culture numérique, aptes à conduire les transformations de l’administration ivoirienne.